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Emmanuel Désveaux

ED
Directeur d'études de l'EHESS - Membre statutaire en activité
Institution(s) de rattachement : EHESS

Coordonnées

54 Boulevard Raspail 75006 Paris

desveaux[at]ehess.fr

01 49 54 20 70

Présentation des recherches

Depuis février 2013 E.D est coordinateur scientifique de l’ANR SOURVA « Aux sources de la variation culturelle ». Ce projet cherche à concevoir les rapports entre invariants et variations sous un nouveau jour en privilégiant le thème de la variabilité comme source et enjeu (positif comme négatif) de la production culturelle.  Plus d’informations
E.D est responsable des sections concernant l’architecture alpine et la transformationalité lévi-strausuenne dans les arts autochtones nord-américains

Principales publications :

  • Avant le genre. Triptyque d'anthropologie hardcore, Paris, Editions de l'EHESS, 2013, 292 pages.
  • Faire des Sciences Sociales, Généraliser, sous la direction de Emmanuel Désveaux et de Michel de Fornel, Paris, Editions de l’EHESS, 2012.
  • Au-delà du structuralisme, six méditations sur Lévi-Strauss, Paris, Editions complexes, 2008, 160 pages.
  • Spectres de l’anthropologie, suite nord-américaine, Paris, Editions Aux-lieux-d’être, 2007, 336 pages.
  • Quadratura Americana, Essai d'anthropologie lévi-straussienne, Genève, Georg, 648 pages
  • Sous le signe de l'ours. Mythes et temporalité chez les Ojibwa septentrionaux, Paris, Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1988, 320 pages.

Pour un accès à la liste complète et actualisée des publications, document à télécharger en bas de page – ou cliquez ici.
 

Après des études d’histoire, de géographie et de philosophie à l’université de Vincennes (où il a pour maîtres Y. Lacoste, F. Châtelet, G. Deleuze ou encore J.-F. Lyotard), lesquelles lui ouvrent la possibilité d’avoir une première expérience de terrain en Afrique dans le cadre d’une maîtrise, il se tourne vers l’anthropologie au niveau du doctorat en s’inscrivant à l’EHESS sous la direction de M. Godelier. C. Lévi-Strauss l’encourage alors dans son intention de s’intéresser aux Indiens d’Amérique du Nord. Entre 1979 et 1983, il effectue une série de longs séjours dans le Grand Nord canadien chez les Ojibwa septentrionaux, à Big Trout Lake précisément et dans les communautés avoisinantes dans le Nord-Ouest de l’Ontario. Prenant le contre-pied des stratégiques explicatives de l’anthropologie dominante à l’époque dans l’interprétation de telles sociétés de chasseurs-collecteurs, à savoir un déterminisme tantôt écologique, tantôt historique, il a recours d’emblée à leur mythologique afin d’accéder au cœur de l’altérité culturelle à laquelle son ethnographie le confronte. Il s’appuie pour ce faire sur les méthodes développées par C. Lévi-Strauss dans Les Mythologiques et sur les résultat qui y sont accumulés (cf. Sous le signe de l’ours, mythes et temporalité chez les Ojibwa septentrionaux, 1988).

 

E. D. poursuit sa réflexion en élargissant la perspective à un projet comparatiste à l’échelle de l’Amérique du Nord. Il s’agit de démontrer que la logique transformationnelle panaméricaine mise en relief par Lévi-Strauss vaut non seulement pour les mythes, mais aussi pour les rites, pour les objets et pour les organisations sociales. Si cela l’a conduit à s’intéresser particulièrement aux attendus épistémologiques du structuralisme lévi-straussien (en particulier aux quadrants, groupe de Klein et formule canonique des mythique), cela l’a conduit également à se pencher sur la parenté et à entreprendre une critique radicale des fondements de ce que ce qu’on appeler la « raison parentaire ». Son livre Quadratura americana, Essai d’anthropologie lévi-straussienne publié en 2001 rend compte de cette réflexion. Il s’attache à l’heure actuelle à poursuivre la démonstration aussi bien au domaine des langues, tendant ainsi à renouveler la question des classifications linguistiques, qu’à celui de l’art en mettant au jour des continuités formelles entre différents styles tenus jusqu’à maintenant pour radicalement distincts (par ex. la Côte nord-ouest et les Plaines, ou encore les Pueblos et le grand Sud-Est). Il s’attache en outre, en collaboration avec Michel de Fornel, à mener la démonstration en parallèle dans le domaine des langues, tendant ainsi à renouveler la question des classifications linguistiques en Amérique. Tous ces travaux tentent de jeter les bases d’un méga-culturalisme qui renouerait sous certaines conditions avec la tradition anthropologique allemande, perspective critique développée dans son livre : Spectres de l’anthropologie, suite nord-américaine (2007).

 

E. D. a contribué également, seul ou en collaboration, à la réflexion européaniste, s’inspirant dans certains cas d’expériences ethnographiques ponctuelles (sur les ouvriers d’une usine d’eau minérale) ou sur la tauromachie. Il s’est ainsi intéressé à la notion d’avatar, comme à celle de sacrifice, aux modalités de la dévolution patrimoniale (opposant un système fermé d’esprit paysan à un système ouvert d’esprit ouvrier), ou du mariage envisagé avant tout comme le déplacement de la femme de la maison paternelle vers celle du mari. À la suite de son séjour en Allemagne – qu’il considère avoir valeur de terrain ethnographique – il tend d’approfondir sa réflexion en intégrant la question de la différence culturelle à l’intérieur même de l’Europe. Deux corpus étayent sa réflexion en ce domaine, celui de l’architecture vernaculaire alpine d’une part, de l’iconographie féminine d’autre part. En parallèle à ce chantier spécifiquement européen, E. D. souhaite précisément tenter une synthèse globale de la diversité des cultures du monde qui s’articulerait autour de trois nuclei – Amérique, Australie et l’ensemble Africano-eurasien – chacun d’entre eux étant fondé sur une perception spécifique de la relation entre les sexes.

 

E. D. a été directeur scientifique au musée du Quai Branly durant la phase de conception et de construction de l’établissement (2001-2006).


E. D. a été commissaire de l’exposition « Kodiak, Alaska, les masques de la collection Alphonse Pinart » (Paris, 2002).

 

 

Polémique et censure

 

En 2009, j'avais publié dans le Journal de la Société des Américanistes un article assez critique sur l'ouvrage de Laurent Barry, La Parenté (Paris, Gallimard, 2008) :
http://jsa.revues.org/index10809.html

Comme on pouvait s'y attendre, l'auteur a répondu, longuement même :
http://jsa.revues.org/index11115.html

 

Ce qui était beaucoup plus inattendu, c'est que le comité de rédaction de la revue, dont par ailleurs j'étais membre, a refusé de publier ma réponse à la réponse, allant à l'encontre de tous les usages en la matière. Considérant qu'il s'agissait d'un cas de censure, j'ai démissionné de ce comité de rédaction. Voici le donc le court texte qui aurait du paraître dans le JSA, afin de clore la polémique entre L. Barry et moi en bonne et due forme.

Pour lire la « Réponse à une réponse au sujet de l’ouvrage La Parenté », document à télécharger en bas de page – ou cliquer ici.

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